Archives de catégorie : Historiographie

Former un danseur-lecteur

Séminaire 2014-2015 
Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain
Séminaire de l’axe culture

Evelyne Ribert, Sylvie Sagnes 
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EHESS, 2e jeudi du mois de 17 h à 19 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris) 
 
 

La première rencontre aura lieu jeudi 13 novembre, de 17h à 19h, salle 8 au 105 bd Raspail

 

La discussion portera sur une partie de la thèse de Marie Glon :

 Doctorante EHESS
IIAC – Equipe CEM
 
 “Former un danseur-lecteur : audaces et angoisses vis-à-vis d’une autonomie inédite (XVIIIe siècle)”
 

Discutant :
 
Sophie Maisonneuve  
 Maîtresse de conférence, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité
IIAC – Equipe LAHIC
 
Résumé : Dans sa thèse d’histoire (Les Lumières chorégraphiques. Les maîtres de danse européens au cœur d’un phénomène éditorial (1700-1760), sous la direction de Georges Vigarello, soutenance en décembre prochain), Marie Glon cherche à comprendre le mouvement d’édition qui se déploie en Europe, durant deux tiers de siècle, à partir de la Chorégraphie – “art de décrire la danse” dont les principes sont publiés à Paris en 1700. Grâce à cet art scripturaire sont publiées plusieurs centaines de “danses gravées”, objets à la lisière de l’écriture et de l’image, dont le déchiffrage est destiné à mettre en mouvement le corps de l’usager. Lors de cette séance, elle se penchera sur les utilisations de ces “danses gravées” et sur les débats qu’elles ont occasionnés, qui révèlent des expériences novatrices quant à l’autonomie du lecteur-danseur postulé par ces objets. 

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Au nombre des quatre axes transversaux qui structurent l’IIAC, l’axe Culture privilégie, parmi les définitions qui s’attachent à son objet, celle qui entend la culture au sens d’un ensemble de biens, mis à distance physiquement et symboliquement. Observable aux quatre coins du monde, le geste de dissociation et d’élection qui préside à son instauration offre le spectacle d’une véritable mutation anthropologique, diversement saisissable : par les réceptacles de la valeur culturelle (notamment les arts et le patrimoine) ; par les enjeux politiques constitutifs des processus d’institution ; par, enfin, le regard réflexif que nous pouvons porter sur notre propre discipline en tant qu’actrice de cette démarcation. Attentif à rendre compte de ce vaste éventail d’approches, le séminaire de l’axe se veut un lieu et un moment de rencontres et d’échanges, autour de travaux, individuels ou collectifs, en voie de finalisation (thèses, rapports de recherche, ouvrages, essais, films). S’y exprimeront, aussi bien à titre d’intervenants que de discutants, doctorants, post-doctorants et chercheurs du laboratoire.

Le ‘Dance Studies Colloquium’ à portée de micro !

Cette année, nous pourrons suivre les débats du Dance Studies Colluquium en streaming (lien ici). Voici le programme détaillé des prochaines  séances.
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DANCE STUDIES COLLOQUIUM 
presents Marion Kant
Tuesday, September 16, 2014
5:30 – 7pm, CHAT Lounge
Gladfelter Hall, 10th fl., Temple University
Live-streaming at  www.temple.edu/boyer/dance/RR
The 2014/15 Dance Studies Colloquium commences this Tuesday, September 16! We are excited to present Marion Kant’s talk Toy Ballerina.
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About Toy Ballerina:

Marion writes: What is in an image? What do we see when we look at dancers? Those and similar questions have occupied me ever since I came across the ‘toy ballerinas’, Marie Taglioni and Fanny Elßler as cut-out paper dolls. I try to use these images as documents that make an understanding of the past possible: there might not be an easy answer as to what they mean and what kind of messages they convey. But they stand at the intersection of revolutionary changes in the late eighteenth and early nineteenth centuries; they are manifestations of the ideals that bourgeois societies formed, tested, dismissed and reformed. In short, the ‘toy ballerinas’ are symbols of modernity, symbols of modern technology, modern social relations and of modern ambiguities.

About Marion Kant: 
From the age of 14 Marion Kant danced with the Komische Oper, Berlin, under the choreographer Jean Weidt. At the Komische Oper she also worked as a dramaturge. Ms. Kant has taught at higher education institutions in Germany, Great Britain and at the University of Pennsylvania; presently at the University of Cambridge where she is Director of Studies for German Studies. Marion has written extensively on the culture of the Weimar Republic, exile from Nazi Germany, Nazi ideology in the arts, and on opera and dance works and choreographers. Her dance historical research has focused on romantic ballet in the 19th century, education through dance in the 19th and 20th centuries, concepts of modern dance in the early 20th century and dance in exile.

In 2001/2002 Marion was a fellow at the Centre of Advanced Judaic Studies at the University of Pennsylvania. In the past years, together with musicians Marshall Taylor, saxophone, and Sam Hsu, piano, she has presented a concert series in the United States and in Austria remembering “entartete Musik”, music banned by the Nazis in 1930s Germany.

About Dance Studies Colloquium:

Dance Studies Colloquium is a dynamic interactive speaker series designed to facilitate a dialogue about emerging topics and issues related to dance. It brings together artists and scholars to explore how we assimilate ideas and events and our resulting actions within the field of dance. This free monthly event is held on Tuesdays from 5:30-7:00pm at the CHAT Lounge, Gladfelter Hall, 10th floor, Temple University (main campus). The full fall 2014 schedule is listed below. 

Fall 2014 Schedule
 
  • Tuesday, September 16th, 5:30pm – Marion Kant, University of Cambridge, Cambridge UK : Toy Ballerina.
  • Thursday, October 2nd, 12:30-1:45pm* – Mark Franko, Temple University, Philadelphia : The Fascist Legs of Serge Lifar: French Ballet During the Occupation.
    *This event is part of the Center for the Humanities Distinguished Faculty Lecture Series.
  • October 7th – Jens Giersdorf, Marymount Manhattan College, New York City : Modernism Revisited.
  • October 21st – Alessandra Nicifero, Dance Writer and Translator, New York City : Questioning/Choreographing: The Use of Interviews in Bill T. Jones’s and Rachid Ouramdane’s Performances.
  • November 11th – Vida Midgelow, Middlesex University, London, UK : Dance Improvisation and the Academy: Liquid Knowing, Language and Pedagogy.
  • December 2nd – Katherine Profeta, Queens College, City University of New York : Dance Dramaturgy and the Question of Research.

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L’histoire de la danse dans le premier Congrès des Etudes de genre

L’Institut du Genre CNRS/Universités organise le premier Congrès des études de genre du 3 au 5 septembre 2014 à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon.

Le jeudi 4 septembre, deux ateliers réaliseront un état des lieux de la recherche en danse et en arts du spectacle.

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Atelier Genre et danse

› Des savoirs en danse pour penser le genre – Hélène Marquié, Genres, Travail, Mobilités ; 11:30-13:00.
› La fabrique du féminin en danse contemporaine – Betty Lefevre, Laboratoire CETAPS ; 11:30-13:00.
› La perspective du genre en histoire et historiographie de la danse – Marina Nordera, Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des Arts vivants ; 11:30-13:00.
› Le danseur masculin à l’intersection du genre, de la race et de la sexualité – Ramsay Burt, De Montfort University ; 11:30-13:00.

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Atelier Genre et arts vivants dans l’histoire

› Genre et arts vivants dans l’histoire : danse, musique, théâtre – Elizabeth Claire, Centre de recherches historiques – Catherine Deutsch, Université Paris-Sorbonne – Raphaëlle Doyon, Université Paris 8 ; 17:00-18:30.
› Les conditions des luttes d’émancipation féminine dans les champs artistiques : l’exemple du spectacle vivant – Serge Proust, Centre Max Weber ; 17:00-18:30.
› Les femmes et la musique à l’image : de la composition à l’orchestration, analyse de la transformation genrée d’un univers professionnel – Pauline Adenot, Centre Max Weber ; 17:00-18:30.

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Le Congrès se tiendra du 3 au 5 septembre à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Il  permettra de faire la démonstration de l’importance scientifique, de la vitalité et de la diversité des études de genre en France et dans le monde francophone, en dressant  le tableau le plus complet possible des recherches menées actuellement dans ce domaine.  Le Congrès accueillera à la fois des ateliers portant sur des thématiques ou des objets de recherche déjà bien identifiés, et des ateliers portant sur des thématiques émergentes, fruits de croisements disciplinaires ou de questionnements nouveaux. En même temps qu’aux avancées scientifiques reconnues, place sera donnée aux tournants épistémologiques récents et aux nouvelles perspectives théoriques. Enfin, suivant les engagements scientifiques de l’Institut du Genre, recherches interdisciplinaires, approches transversales et confrontations inédites de langages et de paradigmes, seront à l’honneur.

Ici, le programme détaillé du Congrès et les informations pratiques.

Ritorno a Viganò – Colloque international, 26-28 juin 2014

RITORNO A VIGANÒ

Conferenza internazionale promossa dal Teatro La Fenice

A cura di Gunhild Oberzaucher-Schüller e José SasportesVenezia

26-28 Giugno 2014

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Johann Gottfried Schadow, The dancing couple Maria and Salvatore Viganò, etching with watercolors, ca 1797. Source.

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Giovedi, giugno 26, 2014, Teatro La Fenice, Venezia

14.30 – 15.00 – Saluti: Un rappresentante del Teatro, Adriana Guarnieri (Università Ca’ Foscari), Gunhild Oberzaucher-Schüller, José Sasportes

15.00 – 15.30 – Flavia Pappacena: Influenze francesi e stile italiano nell’esperienza artistica di Onorato Viganò

15.30 – 16.00 – Stefania Onesti: “Quella del piacere è la regola delle regole” : tracce di poetica in Onorato Viganò

16.00 – 16.15 – Discussione

16.15 – 16.30 – Pausa

16.30 – 17.00 – Madison and Debra Sowell: The Viganò family in the Sowell collection: Passports and libretti, poems and images.

17.00 – 17.30 – Matilda Ann Butkas Ertz: Revisiting Vigano’s La Vestale with the manuscript musical score

17.30 – 17.45 – Discussione

Moderatore : José Sasportes

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Venerdi, giugno 27, Teatro La Fenice, Venezia

9.30 – 10.10 – Francesca Falcone: “Raul signore di Crechi ossia la Tirannide repressa” (1791) un soggetto rivoluzionario in danza. Con un dvd che propone una ricreazione di alcune scene pantomimiche e danzate.

Danzatori: Mara Capirci (Bathilde), Paolo Pisarra (Eloi), Mattia Raggi (Raul), Herri Igli (Ludger). Al pianoforte; Valeria Vitaterna. Consulenza per i costumi Lilli Cascio e Laura Salvi. Video : Walter Paradisi.

Si ringrazia il maestro Bruno Carioti, commissario dell’Accademia Nazionale di Danza.

10.10 – 10.40 – Gunhild Oberzaucher-Schüller : Vigano’s Viennese ballets as seen by Cornelius von Ayerenhoff

10.40 – 11.10 – Discussione

11.10 – 11.25 – Pausa

11.25 – 11.55 – Annamaria Corea: Otello sui palcoscenici italiani del primo ‘800

11.55 – 12.25 – Ornella Di Tondo: “Io disperatamente amo, ed indarno” : la Mirra da Vittorio Alfieri a Salvatore Viganò

12.25 – 12.55 – Noemi Massari: Mirra: un personaggio tra parole e danza

12.55 – 13.10 – Discussione

Moderatrice : Patrizia Veroli

 

14.30 – 15.00 – Maria Cristina Esposito: Prometeo in miniatura: i balletti di Viganò da “eseguirsi con automi”

15.00 – 15.30 – Giulia Taddeo: Sguardi dal Novecento : il mito dell’antiregolista Salvatore Viganò negli scritti sulla danza di Anton Giulio

Bragaglia

15.30 – 16.00 – Silvio Paolini Merlo : Viganò e Beethoven nell’evoluzione del teatro drammatico moderno

16.15 – 16.30 – Discussione

Moderatrice : Ornella di Tondo

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Sabato, 28 giugno, Teatro La Fenice, Venezia

9.30 – 10.00 – José Sasportes: Ritorno a Ritorni

10.00 – 10.30 – Rita Fabris: Il coreodramma di Salvatore Viganò : un fenomeno di massa ?

10.30 – 10.45 – Discussione

10.45 – 11.00 – Pausa

11.00- 11.30 – Emiliano Giannetti : L’altro Viganò : Le prime esperienze di composizione musicale fra danza e teatro lirico

11.30 – 12.00 – Guillaume Jablonka: How did ballet look like in the late XVIII century. Analysis of examples taken from the Ferrere manuscript (1782)

12.00. 12.15- Discussione

Moderatrice : Flavia Pappacena

12.30 – Chiusura della conferenza : Gunhild Oberzaucher-Schüller e José Sasportes

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Con il patrocinio del Dipartimento di Filosofia e dei Beni Culturali dell’Università Ca’ Foscari di Venezia.

Séminaire 2013-2014 de Roger Chartier “L’histoire culturelle en question(s)”

L’histoire culturelle en question(s)

Cette année, Roger Chartier a consacré les sept séances de son séminaire du Collège de France à l’historiographie. On peut voir ou écouter l’intégralité du séminaire sur le site du Collège de France.

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Victor-Jean Nicolle (1754-1826), Vue du Collège impérial de France, institué par François Ier en 1530, pour l’Enseignement des langues grecque, latine et hébraïque, la Philosophie, l’Art oratoire, la médecine, etc… et restauré sous le règne de Louis XV par M. Chalgrin, architecte ; il est situé place de Cambray, à Paris. vers 1810. (C) RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau

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Bonne écoute !

Revisiter l’historiographie de la danse et éclairer l’histoire du genre. 2e journée d’étude

Deuxième journée d’étude du Projet de recherche 

Revisiter l’historiographie de la danse et éclairer l’histoire du genre :

étude de quelques figures de danseuses 

(France, fin XVIIe – début XXe siècle), 24 et 25 janvier 2014 

Coordination : Hélène Marquié et Marina Nordera.

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Projet financé par le GIS, Institut du genre. Accueil du Centre National de la Danse. En partenariat avec le CRESPPA-GTM (UMR 7217) et le Centre transdisciplinaire de l’épistémologie de la littérature et des arts vivants (CTEL 6307), Université Nice Sophia Antipolis.

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"Lola has come! Enthusiastic reception of Lola by American audience", lithographie de David Claypoole Johnston, ca 1852, Library of Congress.

“Lola has come! Enthusiastic reception of Lola by American audience“, lithographie de David Claypoole Johnston, ca 1852,
Library of Congress.

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Centre National de la Danse, 1 rue Victor Hugo, Pantin. Salle de conférence 1er étage (24 janvier), Salle d’étude 1er étage (25 janvier) et Studio 4.

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Programme

Vendredi 24 janvier 2014

Salle de conférence 1er étage

9h30    Hélène Marquié et Marina Nordera, Accueil des participants et introduction

9h50   Vannina Olivesi, La construction de l’identité professionnelle dans les Souvenirs de Marie Taglioni : interpréter, créer, transmettre

10h30  Marina Nordera, Danser seule au XVIIIe siècle : partitions, interprétations, récits

11h      pause café

11h20 Claudia Jeschke et Patrizia Veroli, The Construction of Celebrity : Lola Montez and Cléo de Merode

12h20  Hélène Marquié, Stratégies et idéologies dans la reconnaissance des chorégraphes de la Belle Époque

13h      Discussion menée par Camille Paillet

13h30 – pause repas

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Studio 4

Atelier XIXe siècle

14h30  Claudia Jeschke, Mariquita par Justamant

16h      Jean Guizerix, Justamant pas

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Samedi 25 janvier

Studio 4

Atelier XVIIIe siècle

9h30-11h  Béatrice Massin, La chaconne de Phaëton : version pour femme et pour homme

11h-12h  Dora Kiss, Pour une lecture des danses de Mlle Subligny

12h-12h30 Bianca Maurmayr, Présentation de quelque danse de Mlle Guyot

12h30-13h Discussion sur l’Atelier XVIIIe siècle et conclusion.

13h –  pause repas

 

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Bibliographie #2 : L’iconographie de la danse

Nous poursuivons cette année notre réflexion historiographique et méthodologique sur les usages de l’iconographie dans l’histoire de la danse.

Vous trouverez ici la bibliographie que nous avons constitué pour la préparation des séances du séminaire. Elle n’est pas exhaustive.

Toutes vos suggestions de lectures complémentaires seront les bienvenues.

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Gabriel de Saint-Aubin, Interior of the Coliseum, Paris, ca 1771-1780, black chalk with watercolour, British Museum.

Gabriel de Saint-Aubin, Interior of the Coliseum, Paris, ca 1771-1780, black chalk with watercolour, British Museum.

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1. Historiographie – Méthodologie

Barbichon Guy, « Usages de l’image : faire, dire », Ethnologie française, nouvelle série, t. 24, n° 2 : Usages de l’image, avril-juin 1994, pp. 169-175.

Burke Peter, Eyewitnessing, London, Reaktion, 2001.

Burke Peter, « Interrogating the Eyewitness », Cultural and Social History, 7:4, 2010, pp. 435-443.

Garelli Marie-Hélène, « Gestuelle et danse dans le monde antique. Deux questions de bibliographie », Pallas, 71, 2006, pp. 151-167.

Goetschel Pascale, « Les usages de l’image en histoire », Vie sociale, « Iconographie et histoire sociale », n° 1, 2005, pp. 21-41.

Hunt Lynn et Vanessa R. Schwartz, « Capturing the Moment: Images and Eyewitnessing in History », Journal of Visual Culture, décembre 2010 9:3, pp. 259-271.

Maguet Frédéric, « De la série éditoriale dans l’imagerie : l’exemple des costumes régionaux », Ethnologie française, nouvelle série, t. 24, n° 2 : Usages de l’image, avril-juin 1994, pp. 226-241.

Vigarello Georges, « Le corps comme objet de représentation : un regard d’historien », dans B. Madiot, É. Lage, A. Arruda (dir.), Une approche engagée en psychologie sociale : l’œuvre de Denise Jodelet, Paris, Érès, 2008, p. 189-197.

Vovelle Michel, Idéologies et mentalités, Paris, François Maspero, 1982.

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2. Histoire des images et des techniques de reproduction

Baridon Laurent, Guédron Martial, L’art et l’histoire de la caricature, Paris, Citadelles & Mazenod, 2009, 303 p.

Bassy Alain-Marie, « Le texte et l’image », dans Roger Chartier, Henri-Jean Martin (dir.), Histoire de l’édition française, vol. II : Le Livre triomphant. 1660-1830, Paris, Fayard, Cercle de la librairie, 1990.

Cabanne Pierre, Honoré Daumier, témoin de la Comédie humaine, Paris, Éditions de l’Amateur, 1999, 189 p.

Gaudriault Raymond, La gravure de mode féminine en France, Paris, Éditions de l’Amateur, 1983, 223 p.

Gaudriault Raymond, Répertoire de la gravure de mode française des origines à 1815, Paris, Promodis – Éditions du Cercle de la Librairie, 1988, 309 p.

Gervereau Laurent, Histoire du visuel au XXe siècle, Paris, Editions du Seuil, 2003.

Grivel Marianne, Le commerce de l’estampe à Paris au XVIIe siècle, Genève : Droz, Paris : Champion, 1986, 448 p.

Michaud Stéphane, Mollier Jean-Yves, Savy Nicole (dir.), Usages de l’image au XIXe siècle, Créaphis, 1992.

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3. Théories des images

Agamben Giorgio, Image et mémoire, Paris, Hoëbeke, 1998.

Careri Giovanni, Lissarrague François, Schmitt Jean-Claude et Severi Giovanni (dir.), Traditions et temporalités des images, Paris, éd. de l’EHESS, 2009.

Careri Giovanni, Envols d’amour. Le Bernin montage des arts et dévotion baroque, Paris, Usher, 1990.

Careri Giovanni, La Jérusalem délivrée du Tasse. Poésie, peinture, musique, ballet, Klincksiek, Musée du Louvre, 1999, 449 p. Edition des actes du colloque organisé à l’Institut Culturel Italien et au Louvre en 1993.

Careri Giovanni, Gestes d’amour et de guerre. L’image-affect. Poésie, peinture, théâtre et danse dans l’Europe du Tasse, Paris, éd. de l’EHESS, 2005.

Didi-Huberman Georges, Devant l’image : question posée aux fins d’une histoire de l’art, Paris, Éd. de Minuit, 1990.

Didi-Huberman Georges, Devant le temps : histoire de l’art et anachronisme des images, Paris, Éd. de Minuit, 2000.

Didi-Huberman Georges, L’Image survivante : histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg, Paris, Éd. de Minuit, 2002.

Ginzburg Carlo, « De A. Warburg à E. Gombrich. Notes sur un problème de méthode », dans Mythes Emblèmes Traces. Morphologie et histoire (trad. M. Aymard et al.), Lagrasse, Verdier, 2010.

Marin Louis, Détruire la peinture, Paris, Galilée, 1977.

Marin Louis, Des pouvoirs de l’image, Paris, Seuil, 1993.

Marin Louis, De la représentation, Paris, Gallimard/Le Seuil, 1994, 396 p.

Marin Louis, Opacité de la peinture, Paris, éd. de l’EHESS, 2006, 263 p.

Michaud Philippe-Alain, Aby Warburg et l’image en mouvement, Paris, Macula, 1998

Panofsky Erwin, La perspective comme forme symbolique (trad. sous la dir. de Guy Ballangé), Paris, Ed. de Minuit, 1991.

Panofsky Erwin, Essais d’iconologie (trad. C. Herbette et B. Teyssèdr), Paris, Gallimard, 1979.

Severi Carlo (dir.), Image et anthropologie, numéro spécial de la revue L’Homme, n. 165, Janvier/ mars 2003.

Severi Carlo (dir.), Pièges à voir, pièges à penser, numéro spécial de la revue Gradhiva, 2011.

Warburg Aby, Essais florentins (trad. S. Muller), Paris, Klincksieck, 2003 [1990].

Warburg Aby,  Le Rituel du serpent, (trad. S. Muller et al.), Paris, Macula, 2003.

Warburg Aby, « Les costumes de scène pour les Intermèdes de 1589 » [1895], dans A. Surgers (trad. et présentation), La Pellegrina et les Intermèdes, Florence, 1589, Vijon, Lampsaque, 2009.

Warburg Aby, Miroirs de faille : à Rome avec Giordano Bruno et Édouard Manet, 1928-29 (trad. S. Zilberfarb), Dijon, Les Presses du réel, Paris, Institut national d’histoire de l’art, l’Écarquillé, 2011.

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4. Histoire & Culture Visuelle

Bal Mieke, « Part 3: Visual Analysis », dans A Mieke Bal Reader Chicago, University of Chicago Press, 2006, pp. 269-334.

[Coll.], « Visual Culture Questionnaire », October, Vol. 77. (Summer, 1996), pp. 25-70.

Coronil Fernando, « Seeing History », Hispanic American Historical Review, 84.1 (2004) 1-4.

Dikovitskaya Margarita, Visual culture : the study of the visual after the cultural turn, Cambridge, Mass., MIT Press, 2005, 316 p.

Bryson Norman, Michael Ann Holly, et Keith Moxey (éds.), Visual culture : images and interpretations, Hanover, NH : UP of New England / Wesleyan University Press, 1994, 429 p.

Evans Jessica and Stuart Hall (eds.), Visual Culture: The Reader London, Sage Publications Ltd., 1999, 512 p.

Holly Michael Ann and Moxey Keith (eds.), Art History, Aesthetics, Visual Studies, New Haven, CT: Sterling and Francine Clark Art Institute/Yale University Press, 2002.

Howells Richard, Visual culture, Cambridge, Polity, 2003, 292 p.

Jay Martin, « Cultural relativism and the visual turn », Journal of Visual Culture, December 2002 1, pp. 267-278.

Jay Martin, Downcast Eyes: The Denigration of Vision in Twentieth-Century French Thought, Berkeley, University of California Press, 1994, 648 p.

Mirzoeff Nicolas, « On Visuality », Journal of Visual Culture, 5:1, avril 2006, pp. 53-79.

Mirzoeff Nicolas, « What is Visual Culture? », An Introduction to Visual Culture, London, Routledge, 1999, p. 1-33.

Mirzoeff Nicholas, Bodyscape : art, modernity and the ideal figure, London, Routledge, 1995, 214 p.

Mitchell, W.J.T., Iconology: Image, Text, Ideology, Chicago, University of Chicago Press, 1987, 226 p.

Mitchell, W.J.T., Picture Theory: Essays on Verbal and Visual Representation, Chicago, University of Chicago Press, 1994.

Mulvey Laura, « Visual Pleasure and Narrative Cinema », Screen, 16.3, Autumn 1975, pp. 6-18.

Mulvey Laura, Visual & Other Pleasures, London, Palgrave MacMillan, 2009 (1989).

Phelan Peggy, Unmarked: the politics of performance, London, Routledge, 1993, 224p.

Schwartz Vanessa R., et Jeannene M. Przyblyski (éds.), The Nineteenth-Century Visual Culture Reader, London, Routledge, 2004, pp. 235-38.

Schwartz Vanessa R., Spectacular Realities: Early Mass Culture in fin-de-siècle Paris, Berkeley, University of California Press, 1998.

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5. Théâtre – Danse

Aliverti Maria Inès, Il Rittrato d’attore nel Settecento francese e inglese, Pisa, ETS ed., 1986, 168 p.

Aliverti Maria Inès, La Naissance de l’acteur moderne. L’acteur et son portrait au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, coll. « Le temps des images », 1998, 247 p.

Anglo Sydney, L’escrime, la danse et l’art de la guerre. Le livre et la représentation du mouvement, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2011, 95 p.

Asleson Robyn (éd.), Notorious Muse : the Actress in British Art and Culture, 1776-1812, New Haven-Londres, Yales University Press, 2003, 240 p.

Auclair Mathias, Vidal Pierre (dir.), Image[s] de la danse, Paris, Bibliothèque nationale de France ; Montreuil, Gourcuff-Gradenigo, 2008, 95 p.

Balme Christopher Bryan, Chiara Maria, Erenstein Robert, Molinari Cesare, Pietrini Sandra, European theatre iconography: proceedings of the European Science Foundation Network : Mainz, 22-26 July 1998, Wassenaar, 21-25 July 1999, Poggio a Caiano, 20-23 July 2000, Roma, Bulzoni, 2002, 388 p.

Clarke Mary, Crisp Clement, Ballet in art : from the Renaissance to the present, London, Ash & Grant, 1978, 144 p.

Claire Elizabeth, « L’inconvenance du corps révolutionnaire en Angleterre, ou la valse macabre », Analele Universitatii Bucuresti, Seria Historia, n° 58/2009, Editura Universitatii Bucuresti, 2010, pp. 49-66.

Cohen Sarah R., Art, Dance, and the Body in French Culture of the Ancien Regime, Cambridge, Melburne, Madrid, Cambridge University Press, 2000, 352 p.

[Coll.], Figures libres, Figures imposées de la danse. Exposition du 13 juin au 19 septembre 2010, Patrimoine en Isère – musée Saint-Antoine-l’Abbaye, 2010, 128 p. [Catalogue d’expo : l’iconographie de la danse de l’Antiquité au XXe siècle]

Debat Michelle (dir.), Photographie et danse, numéro spécial de la revue Ligiea, dossiers sur l’art, 2012.

Declercq Gilles, Guardia Jean de (dir.), Iconographie théâtrale et genres dramatiques. Mélanges offerts à Martine de Rougemont, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2008, 272 p.

Erenstein Robert L., « Theatre Iconography: An Introduction », Theatre Research International, XXII, n° 3 (autumn 1997), pp. 185-189.

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Guilmar-Geddes Laurence, « De l’iconographie de quelques figures de ballet sous le règne de Louis XIV », La Recherche en danse, n° 2, 1983, pp. 39-44.

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Écrire l’histoire de la danse : des enjeux scientifiques aux enjeux idéologiques

Écrire l’histoire de la danse : des enjeux scientifiques aux enjeux idéologiques

Le Ballet de l’Opéra. Trois siècles de suprématie depuis Louis XIV[1]. Ce titre, celui d’un ouvrage tout récemment paru[2], nous a fait sursauter : présenter la « suprématie » comme une valeur séduisante est, pour le moins, dérangeant.

Cela apparaît d’abord, bien sûr, comme une assertion fausse. On ne peut supposer sérieusement que le Ballet de l’Opéra de Paris se soit trouvé, durant trois siècles, en position de domination, idée dont il faudrait, dans tous les cas, discuter les critères et le périmètre[3]. Un tel titre participe en fait de la concurrence que se livrent les États, les capitales, les théâtres à l’échelle européenne depuis le XVIIe siècle : affirmer que le Ballet de l’Opéra a toujours été un lieu de « suprématie », c’est faire fi de bien des métissages, des captations de savoirs et savoir-faire exogènes, sans parler des pans entiers de l’histoire de la danse qui se sont déroulés à l’écart de, voire en opposition à, cette institution. Mais surtout, cette mise en avant de la « suprématie », c’est-à-dire de la supériorité et du pouvoir sur les autres, est une position idéologique, dont on peut s’inquiéter du fait qu’elle soit postulée comme attirante pour les acheteurs visés : une idéologie délétère, qui invite à penser en termes d’infériorité et de supériorité (de classes, de genres, de nations…), et qui valorise la position de domination sur les autres. Le Ballet de l’Opéra de Paris a pu, et peut encore, servir une telle idéologie, mais le rôle d’un ouvrage scientifique doit être d’analyser les discours de propagande, et non de les reproduire.

Or c’est bien là qu’est l’enjeu. Un tel sous-titre – que le contenu du livre en question, heureusement, ne semble pas refléter – est sans doute moins un problème en lui-même, que le symptôme d’un problème plus large. Ce problème, à nos yeux, renvoie à la responsabilité des historiens. Car si ce sous-titre a pu paraître opportun à une équipe éditoriale, c’est peut-être que les historiens de la danse ont trop souvent laissé la porte ouverte à des représentations simplistes, parfois directement reprises de textes du passé qui auraient dû être étudiés en tant que discours, et non cités comme des vérités. Ainsi, on a régulièrement pu voir des travaux historiques entérinant l’idée d’une « supériorité française » telle que la clamait l’entourage de Louis XIV, ou nourrissant une forme de nostalgie face à la « pureté » d’un art qui aurait ensuite été victime d’une « dégénérescence », ou encore considérant implicitement que la danse se réduit à la danse pratiquée dans les sphères de la société les plus privilégiées…

La liste est longue de ces poncifs. Ils sont parfois véhiculés par des ouvrages relativement anciens[4] (bien qu’une distance d’une vingtaine d’années soit loin de justifier toutes les valeurs qui heurtent nos sensibilités) ; mais n’ayant que rarement été suivis de la publication de travaux actualisés, ces ouvrages font toujours autorité[5]. Si, au cours de conversations et d’échanges informels entre chercheurs, nous sommes nombreux à déplorer régulièrement l’existence de tels impensés, force est de constater qu’aucun texte à destination d’un large public n’a été produit pour faire le point sur les sens qui sont trop souvent donnés à l’histoire de la danse occidentale, notamment de la danse sous l’Ancien Régime[6]. Le présent article voudrait poser quelques jalons en ce sens, inciter à la vigilance, et ouvrir la voie à une réflexion d’envergure sur les façons d’écrire et d’utiliser l’histoire de la danse.

Transferts culturels versus « suprématie »

Parler de « suprématie », c’est imaginer un modèle s’imposant aux autres (autres lieux de danse, autres danseurs, autres pays…), en sens unique. On peut remarquer que les historiens de la danse ont eux-mêmes laissé la voie ouverte à cette conception de la circulation des danses et des façons de danser. Ainsi, un colloque récent, organisé à Versailles, s’intitulait « La danse française et son rayonnement[7] ». Bien entendu, un tel titre ne pose pas de problèmes idéologiques comme le fait la valorisation d’une « suprématie », mais on peut remarquer qu’il reprend lui aussi une image du passé sans la discuter – s’engageant sur une pente glissante. L’image en question est aisément rattachable à celle du roi-soleil dont les rayons se répandraient sur toute l’Europe : elle laisse penser qu’un art « rayonne » naturellement sur des lieux, des cultures, des individus que l’on est alors tenté d’envisager comme « récepteurs » passifs.

Penser qu’un art ou une culture « se diffuse » de soi-même, éclaire les autres de sa « suprématie », c’est précisément ce qu’interdisent nombre de travaux d’histoire, et d’autres sciences sociales, des trente dernières années. Dès 1987, la notion de « transferts culturels » proposée par Michael Werner et Michel Espagne a permis de mettre à distance l’idée d’« acculturation » (marquée par l’idée d’une assimilation progressive de la culture « réceptrice » à la culture « émettrice ») pour envisager les emprunts d’une culture à l’autre sur un nouveau mode[8] : une « mise en relation de deux systèmes autonomes et asymétriques[9] ». Une culture accueillant des éléments exogènes ne le fait qu’au terme d’un processus de sélection des éléments ainsi accueillis, et les transforme autant qu’elle se transforme en incorporant ces nouveautés. La culture « émettrice » ne sort pas indemne de cette interprétation et se reconfigure elle aussi dans ce processus. Une telle conception des échanges, des emprunts réciproques d’une culture à l’autre, suggère que la « réception » (d’un art, d’une pratique, d’une idée…) n’est jamais passive ; elle est « le lieu et le lien d’un usage, donc d’une recréation[10] ».

Ainsi, parler de « suprématie », c’est oublier qu’un art qui circule ne s’impose pas de façon homogène et planifiée. Il ne s’agit pas de nier les stratégies de pouvoir ni les phénomènes de coercition : ainsi, il est manifeste que la danse française a, à certaines époques, suscité l’admiration et l’envie de plusieurs danseurs des autres pays européens, leur fournissant un modèle ; l’État français a encouragé cette admiration, et cherché à la développer. Mais face à ce soi-disant « modèle français » (dans le domaine de la danse comme dans les autres), il faudrait, comme le remarquait Robert Mandrou dès 1977, s’interroger « sur la signification qu’il convient d’accorder à des phénomènes qui méritent plus que des énumérations complaisantes[11] ». On découvre alors que bien des marques supposées de la « suprématie française » sont à nuancer largement, voire se limitent à des discours, politiques et idéologiques. Que bien des phénomènes présentés comme un « rayonnement » d’un centre vers une périphérie, comme une « exportation » vers des territoires quasi-colonisés, étaient en réalité des importations, organisées de façon volontaire par des acteurs de ces cultures « réceptrices » qui poursuivaient, à travers ces importations, leurs propres projets et stratégies (qu’un regard ethnocentriste ne permettait pas d’observer). On découvre encore que dans ces processus, les arts qui circulent font l’objet d’appropriations, reconfigurations créatives sur lesquelles leur « culture d’origine » n’a que peu de prise. Et que l’admiration pour une culture artistique d’ailleurs est rarement univoque – ainsi, la danse « française », au moment où elle était louée et imitée dans les pays étrangers, suscitait aussi des moqueries et satires, voire des contestations, qui pouvaient même devenir le moteur de créations, en réaction à ces « modèles »[12].

S’attacher à ces circulations conduit également à observer, en sens inverse, les apports « étrangers » qui ont fait la « danse française »[13]. On oublie trop souvent de citer les circulations d’artistes, dans toute l’Europe, qui ont nourri la danse en France de sources venues d’Italie, d’Angleterre, d’Espagne, d’Allemagne, de Russie, entre autres[14]. Pour ce qui est du XIXe siècle, reprenant sans examen critique des discours de l’époque qui cherchaient à dénigrer des genres spectaculaires venus d’ailleurs, plusieurs ouvrages relèguent ces genres au rang d’expressions mineures, de divertissement – seul le ballet romantique français étant considéré comme art[15]. De tels discours sont régulièrement fondés sur des « caractères nationaux » particulièrement réducteurs et sur une conception des rapports avec l’« autre » considérés comme suspects, voire dangereux[16].

Ainsi, trop souvent, les travaux historiques ont évacué des aspects tels que les échanges, les collaborations, les métissages et les appropriations – particulièrement à l’œuvre dans le milieu de la danse, marqué par les transmissions orales. Étudier la danse avec les outils conceptuels et les attentions qui permettent de voir aussi ces dimensions, c’est, non plus faire l’histoire d’une suprématie qui n’a que peu de sens, mais chercher à comprendre des dialogues, des créations collectives, des transformations réciproques : des mises en commun d’imaginaires autant que des enjeux de pouvoir, des rivalités mais aussi des utopies partagées… Afin d’éclairer des histoires riches et toujours complexes, qui ne sont pas moins passionnantes que celles qui tâchent d’établir une hégémonie.

De l’usage des mots en histoire

Les exemples de discours historiques mentionnés ci-dessus relèvent d’une conception des rapports entre différentes cultures qui, comme on vient de le voir, mériterait amplement d’être revue. Mais ils témoignent aussi de l’utilisation d’un vocabulaire spécifique : des champs lexicaux récurrents diffusent, dans l’historiographie de la danse, des valeurs et des schémas de pensée qu’il est urgent d’interroger.

On peut, pour cela, se reporter à un travail entrepris en 2008 : l’analyse des références historiques utilisées dans les discours de Nicolas Sarkozy[17]. L’inflation des termes historiques, le recours systématique à des personnages connus par toute la communauté nationale avaient fini par alerter le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire. Cette réaction légitime de la communauté historienne invitait un grand public à comprendre les ressorts d’une instrumentalisation constante de l’opinion publique (convoquer Napoléon Ier, par exemple, était une façon d’associer la France à l’idée de grandeur – d’empire – à un moment où les Français découvraient la crise des subprimes). Au-delà des méconnaissances scientifiques que cet ouvrage relevait, il était avant tout question de montrer comment l’énonciation même de certains termes permettait d’actionner des sentiments de fierté nationale, de communautarisme, de patriotisme, etc. Ce travail rappelait, à la suite de Lucien Febvre, qu’« une histoire qui sert est une histoire serve[18] ». Il s’agissait donc de réfléchir autant au sens des mots et de leurs implications qu’aux enjeux de l’histoire dans l’espace public[19].

Dans l’historiographie de la danse, un tel examen met en évidence l’utilisation privilégiée de termes comme « règne », « suprématie » ou « triomphe » : parfois effectuée à bon escient pour déconstruire les mécanismes de l’imposition d’un pouvoir, elle n’est souvent qu’un outil de narration (voire de « théâtralisation ») facile, qui plaque sur des réalités sociales un mode de compréhension simpliste et sans nuances[20]. La rhétorique de l’ « apogée » et de la « décadence[21] » affirme quant à elle une vision téléologique de l’histoire, mais aussi un idéal nostalgique de la « pureté[22] » qui serait ensuite « pervertie[23] » : de tels termes viennent essentialiser une « identité » qui sert à opposer les cultures, d’une façon extraordinairement peu féconde – nourrissant la peur de l’autre et du changement.

  

L’histoire a une fonction politique, et l’historien ne peut pas ignorer que dans les choix qu’il fait, il y a des enjeux, un positionnement par rapport au passé, mais aussi par rapport au présent. Produisant des modes d’intelligibilité du monde, l’historien est responsable des représentations qu’il crée – car les représentations sont actives et travaillent nos pratiques, nos relations aux autres, nos décisions[24]. L’histoire de la danse ne saurait se considérer comme dispensée de ces questions fondamentales et de la vigilance qu’elles doivent susciter : elle doit interroger les « portes d’accès au passé[25] » qu’elle choisit, les banalités historiographiques, les éléments que l’on croit savoir, et mettre en œuvre la plus grande méfiance vis-à-vis des usages de l’histoire qui visent à illustrer ou légitimer une prétendue « identité » et un pouvoir sur les autres.

Quelques règles de base de la discipline historique sont là pour nous y aider. La nécessité de croiser les sources, qui permet d’éclairer différents points de vue (et non pas seulement, par exemple, les discours de la direction d’une institution au détriment de ses salariés, d’une capitale au détriment de la province, ou d’un pays au détriment du reste du monde). La nécessité, aussi, de contextualiser, de replacer les textes et les images dans les logiques de leurs producteurs – et non pas de s’en saisir pour illustrer un schéma interprétatif pré-établi.

Soulignons pour finir que les projets de recherche qui mettent en œuvre ces façons de faire de l’histoire, rigoureuses et ouvertes à la complexité des échanges et des circulations, existent bel et bien. Il est urgent qu’ils soient reconnus et utilisés par ceux qui, notamment dans le milieu de l’édition et de l’enseignement, diffusent des histoires de la danse aveugles à ces nouvelles études. Citons, par exemple, les travaux en histoire des spectacles qui visent à décentraliser le regard : jusqu’à présent, les études historiques avaient rarement porté sur les lieux de danse ou de théâtre de province (la centralisation française – historiquement construite – guide l’intérêt vers les grandes capitales culturelles, de même que la richesse des sources conservées dans les « grandes » institutions) ; aujourd’hui, un programme portant sur les personnels dramatiques, répertoires et salles de spectacles en province est en train de nous sortir de l’ornière « Paris sinon rien »[26]. D’autres études portent sur les caricatures dont la danse française faisait l’objet à l’étranger au XVIIIe siècle, éclairant le caractère multiple et contrasté de la réception d’un modèle dominant[27]. Concernant la période contemporaine, des recherches en cours sur le ballet de l’Opéra de Paris sous l’occupation allemande font salutairement voler en éclats l’image d’une institution répandant tout au long de son histoire la « splendeur française »[28]. Une synthèse récente sur l’histoire de la danse dite moderne met au cœur de son interprétation la « fascination des ailleurs » et les transferts culturels[29]. On pourrait citer bien d’autres travaux, stimulants, novateurs, nuancés. Ils éclairent des aspects méconnus de l’histoire. Ils nous invitent à revisiter nos connaissances, mais aussi nos façons de penser. Et montrent, en acte, que l’histoire de la danse mérite bien mieux que des affirmations péremptoires de supériorité.

Emmanuelle Delattre-Destemberg, Marie Glon, Vannina Olivesi

Pour citer cet article : DELATTRE-DESTEMBERG Emmanuelle, GLON Marie, OLIVESI Vannina, « Écrire l’histoire de la danse : des enjeux scientifiques aux enjeux idéologiques », article mis en ligne le 9 décembre 2013 sur le carnet de recherche de l’Atelier d’histoire culturelle de la danse, URL : http://ahcdanse.hypotheses.org/


[1] Auclair M.,  Ghristi C. (dir.), Le Ballet de l’Opéra. Trois siècles de suprématie depuis Louis XIV, Paris, Albin Michel/ Bibliothèque nationale de France / Opéra de Paris, 2013.

[2] Et auquel nous avons collaboré, en ne découvrant le sous-titre « Trois siècles de suprématie depuis Louis XIV » qu’une fois l’ouvrage imprimé.

[3] Comment expliquer, par exemple, la difficulté pour l’institution académique de former des danseurs solistes durant la seconde moitié du XIXe siècle ? Que faire des autres scènes européennes qui sont, elles aussi, des pôles de création et où circulent des danseurs d’écoles de danse reconnues ?

[4] Et reprenant fréquemment les récits proposés par des ouvrages plus anciens encore, comme ceux de Léandre Vaillat ou André Levinson : les schèmes interprétatifs de l’histoire de la danse se sont reproduits en restant spectaculairement à l’écart des réflexions sur l’épistémologie et la méthodologie historique.

[5] De tels ouvrages sont par exemple présentés comme des références fondamentales pour la préparation de l’examen d’histoire de la danse dans le cadre de l’obtention du Diplôme d’Etat de professeur de danse. Voir la bibliographie de C. Rousier (dir.), L’Histoire de la danse : repères dans le cadre du diplôme d’Etat, Pantin, Centre national de la danse, 2000.

[6] Lire pour exemple la construction du discours royal et du rapport au corps : Apostolidès J.-M., Le Roi-machine, le spectacle et la politique au temps de Louis XIV, Paris, Éd. de Minuit, 1981.

[7] « La danse française et son rayonnement (1600-1800) », colloque organisé en décembre 2012 par l’Association pour un Centre de Recherche sur les Arts du Spectacle aux XVIIe et XVIIIe siècles, le Centre de musique baroque de Versailles (FRE 3493 du CNRS), le Centre de recherche du château de Versailles. Les communications de ce colloque ne reflétaient pas une vision aussi simpliste des échanges culturels ni de la position française ; l’une des demi-journées était d’ailleurs intitulée « Transferts culturels ». C’est le titre qui pouvait ouvrir la voie à des représentations biaisées des phénomènes d’échanges et d’appropriations. Loin de vouloir mettre en cause les organisateurs de ce colloque, nous soulignons ici sa dimension représentative de discours très généralement utilisés ou admis par les historiens de la danse. L’une des auteurs du présent texte, Marie Glon, a d’ailleurs participé à ce colloque sans penser à profiter de l’occasion pour questionner le bien-fondé et les sous-entendus de son intitulé.

[8] Espagne M., Werner M., « La construction d’une référence culturelle allemande en France : genèse et histoire (1750-1914) », Annales E.S.C., juillet-août 1987, n° 4, pp. 969-992.

[9] Espagne M., Werner M., Transferts. Les relations interculturelles dans l’espace franco-allemand (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Éditions Recherche sur les Civilisations, 1988, p. 5.

[10] Ory P., « Qu’est-ce que l’histoire culturelle ? », dans Yves Michaud (dir.), Université de tous les savoirs. Qu’est-ce que la société ?, tome 3, Paris, Odile Jacob, p. 26.

[11] Mandrou R., L’Europe « absolutiste ». Raison et raison d’État 1649-1775, Paris, Fayard, 1977, p. 186.

[12] Par exemple une caricature telle que « The French dancing master », [Londres], Picot & Delatre, [1771], image accessible en ligne sur la Yale University Lewis Walpole Digital Collection, n°771.07.27.01 : http://images.library.yale.edu/walpoleweb/fullzoom.asp?imageid=lwlpr03133

[13] Un ouvrage publié récemment prend acte de ce phénomène à l’époque contemporaine dans divers domaines culturels, y compris la danse : Ory P. (dir.), Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France, Paris, Éditions Robert Laffont, 2013. Un colloque en 2008 a ouvert de nouvelles perspectives en s’interrogeant sur l’interpénétration d’acteurs français et étrangers et de leurs rapports avec le répertoire français diffusé, traduit ou remanié sur des scènes à l’étranger. La notion de suprématie est, dans cette réflexion collective, bien étudiée comme une construction dont les mécanismes et les limites sont identifiés. La domination du théâtre français à l’étranger est analysée comme la manifestation et l’héritage des politiques culturelles de l’époque moderne. Yon J.-C. (dir.), Le Théâtre français à l’étranger, histoire d’une suprématie culturelle à l’étranger, Paris, Nouveau Monde, 2008.

[14] On peut citer par exemple un catalogue des documents transcrivant les danses au XVIIIe siècle – travail monumental qui par ailleurs force l’admiration, et est utilisé tous les jours par les historiens de la danse – qui répertorie les œuvres des maîtres de danse français vivant en France, en incluant celles des maîtres de danse français travaillant et publiant à l’étranger, mais en excluant celles, pourtant similaires, de leurs confrères étrangers, au motif que la « belle dance » serait un art français. Lancelot F., La Belle dance : catalogue raisonné fait en l’An 1995, Paris, Van Dieren, 1996.

[15] Naugrette F., « La périodisation du romantisme théâtral », dans Roxane Martin et Marina Nordera (dir.), Les Arts de la scène à l’épreuve de l’histoire, Paris, Honoré Champion, pp. 145-154.

[16] Un exemple parmi de nombreux autres : « L’école classique française recherchait une beauté mesurée, une expression à la fois d’élégance et de sensibilité. Dans l’école académique est venu s’y ajouter un élément antinomique, l’apport italien, tout de vélocité, de virtuosité d’exécution, d’extériorité. » Bourcier P., Histoire de la danse en Occident, Paris, Seuil, 1994, vol. 2, p. 31.

[17] Cock L. (de), Madeline F.,  Offenstadt N., Wahnich S., Comment Sarkozy écrit l’histoire de France, Paris, Agone/Passé et Présent, 2008.

[18] Febvre L., « L’histoire dans le monde en ruines », leçon d’ouverture du cours d’histoire moderne de l’Université de Strasbourg le 4 décembre 1919, Revue de synthèse historique, t. XXX, n° 88, février 1920, pp. 1-15.

[19] Offenstadt N., L’histoire bling-bling. Le retour du roman national, Paris, Stock, 2009.

[20] Par exemple, dans le cas des rapports de genre : la première partie du XVIIIe siècle serait « l’époque de la suprématie incontestée des danseurs de sexe masculin » (Guest I., Le Ballet de l’Opéra de Paris. Trois siècles d’histoire et de tradition, Paris, Flammarion, édition revue et augmentée, 2001, p. 24) tandis que le XIXe marquerait « le règne absolu et international de la ballerine » (Christout M.-F., Le Ballet occidental, Paris, Desjonquères, 1995, p. 80).

[21] Parmi d’innombrables exemples : « Parvenu à l’apogée d’un genre diffusé en Europe au XVIIIe siècle, préservé au Danemark et en Russie, le ballet classique a progressivement connu une défaveur de la part du public, entraînant un déclin momentané à la fin du XIXe siècle. », cf. M. F. Christout, op. cit., p. 216. La danse classique n’est pas la seule à susciter ce type d’analyse.

[22]  Christout M.-F., op. cit., p. 215.

[23] Bourcier P., op. cit., p. 17.

[24] Roger Chartier rappelle que les « pratiques » et les « représentations » ne sont pas étanches, et que si les pratiques sont « incorporées » sous la forme de représentations collectives, ces représentations sont elles aussi « les matrices de pratiques constructrices du monde social lui-même ». Au bord de la falaise, Paris, Albin Michel, 1998, p. 78.

[25] Jouhaud C., Sauver le Grand-Siècle ? Présence et transmission du passé, Paris, Seuil, 2007, p. 27.

[26] Il s’agit du programme ANR THEREPSICORE, porté par des chercheurs de l’université Blaise-Pascal (Clermont 2) et de l’université Paris IV. https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=AHRF_367_0017

[27] Milhous J., « Picturing Dance in Eighteenth-Century England », Music in Art: International Journal for Music Iconography, vol. XXXVI, 2011.

[28] Nous pensons ici aux travaux, en cours, de Mark Franko sur Serge Lifar et ses liens avec le IIIe Reich.

[29] Suquet A., L’Éveil des modernités. Une histoire culturelle de la danse (1870-1945), Pantin, Centre national de la danse, 2012.